samedi 31 mars 2012
Évolution du blog
Par reydj le samedi 31 mars 2012, 03:49
En revanche, il faudra mettre votre favori à jour (comment il n'est pas encore dans les favoris ?) :=)
vendredi 9 mars 2012
Slam #1
Par reydj le vendredi 9 mars 2012, 03:58 - Texte parlé
Ne me donnez pas le micro.
Ne me donnez pas le micro, malheureux !
Je suis un fou
Un fou et un tyran.
Je sais ce que je fais.
Je ne veux que votre bien.
Ne me donnez pas le micro !
Ou mesurez ce que vous faites.
J'ai des mots et une voix.
Je ne fais pas que vous parler.
Je place des mots dans votre tête
Comme on plante une graine.
Mesurez ce que vous faites.
Un avocat minable et bête
Spécialisé dans les affaires
Peut être élu Président
Du Pays de Descartes et Voltaire.
Belle récolte !
Je plante une graine
Pour guérir de la folie.
Je ne veux que votre bien.
Détendez-vous.
Détendez-vous.
Ce ne sont que quelques mots.
On va arranger ça.
C'est de leur faute à eux.
Ça marche comme ci.
Ça marche pas comme ça.
Faites-nous confiance, vous verrez.
Voyez comme je suis solide et raisonnable.
Beau, également.
Faites-moi confiance.
Vous pourrez alors vous reposer.
Mais n'étiez-vous pas déjà détendus ?
Alors retendez-vous !
Mesurez ce que vous faites.
Soyez en alerte.
Les autres vous mentent !
Ils vous manipulent.
Moi j'ai raison !
Nous allons en finir avec la tyrannie, et la bêtise humaine.
Nous allons guérir le Monde.
Suivez-moi, et vous n'aurez plus jamais faim !!
Détendez-vous à nouveau.
Je sais ce que je fais.
Mesurez ce que vous faites.
Je ne veux que votre bien.
Soyez en alerte.
Ne me donnez pas le micro.
Vous êtes malades !
Souhaitez-vous guérir un jour ?
Moi j'ai la réponse.
Mesurez le pouvoir qui est le mien.
Eux aussi savent s'en servir.
Ils ne veulent pas votre bien.
C'est de leur faute à eux.
Ils vous mentent et vous manipulent.
Ils...
Bon sang, je déraille. Je tourne en boucle.
Vous ai-je dit que j'étais fou ?
Voyez comme je suis honnête.
Et beau, également.
Détendez-vous.
Il ne va rien vous arriver.
Mesurez ce que vous faites.
Il ne va rien vous arriver. Et vous l'aurez bien cherché.
Vous direz que c'était de leur faute à eux.
Qu'ils vous ont menti.
Et vous aurez raison.
On ne pouvait guère l'empêcher de parler, celui-là.
Il n'avait pas l'air méchant...
C'est pourquoi je plante une graine.
Détendez-vous.
Je sais ce que je fais.
Et défendez-vous !
Les mots ont depuis longtemps remplacé les fouets.
Ceux-là vous tiennent comme je vous tiens.
Pour leur profit, non pour votre bien.
Mesurez ce que vous faites, ou ne faites pas.
Car personne ne vous protègera de moi.
Bon le Slam c'est peut-être pas pour moi. Et puis je souhaitais juste dire un texte, celui-ci n'est pas très slamesque. Combattre ma timidité. Sur ce point, pari réussi. Pas mal d'incompréhensions néanmoins, je n'ai pas "joué" le texte comme il aurait fallu, et j'ai bien peur de ne l'avoir pas bien écrit non plus. Rien de méchant, et puis ça permet d'apprendre.
Je voulais interpeler le public sur la prise du pouvoir d'un homme qui parle à un groupe. Le pouvoir commence par là, par la sidération, par la posture et par les mots. Et surtout, dire que les intentions de l'orateur, bonnes ou mauvaises, n'ont que peu d'importance. Peanuts ! L'orateur tâchera toujours de rebondir sur les émotions et instincts du groupe qui écoute. Je pensais que citer Scar dans le Roi Lion (Suivez-moi...) rendrait l'ironie évidente, apparemment tout le monde n'a pas vu le dessin animé 30 fois. Flûte.
Bref, on vit dans un monde stupide rempli de gens infantilisés, qui donnent de bon coeur à un seul individu, ou groupe d'individus, des pouvoirs colossaux. De cela ne peut découler que du malheur. Enfin on semble se réveiller sur ce point. Il faut pouvoir mesurer l'étendue des pouvoirs conférés à un homme ou collectif, afin d'affiner la définition des contre-pouvoirs, nécessaires dans toute société mature. cf Etienne Chouard. Personnellement, je ne me lasserai jamais de dire qu''un homme seul est stupide, moins intelligent que 3 personnes aléatoires sachant communiquer, eux-mêmes plus bêtes que 10 etc...
samedi 4 février 2012
Never forget, Thomas Sankara
Par reydj le samedi 4 février 2012, 21:06 - Vidéo
samedi 28 janvier 2012
Du baume au coeur
Par reydj le samedi 28 janvier 2012, 00:53 - Tract
Bonjour ! Non, non, il n'y a pas à avoir peur. Je ne suis pas un
méchant garçon. D'accord il faut savoir être sur ses gardes parfois. Mais là,
il n'y a que des lettres et des mots alignés les uns à la suite des autres. Les
mots servent autant à manipuler qu'à libérer. Voyons, il y a juste à se
détendre, respirer calmement, et lire un peu.
Il est possible que les nouvelles qui vous viennent du monde vous donnent le
tournis, jusqu'à... n'y plus rien comprendre. Ou bien faire une réaction de
rejet. Bon. Mon petit doigt me dit qu'hélas, cela ne va pas s'arranger les
semaines et mois qui viennent. Du fait de la campagne électorale, mais pas
seulement. Le monde ne se limite pas à la France, vous en
conviendrez.
On appelle cela "infobésité", ou surcharge informationnelle. Un tel
déferlement d'information est tout à fait logique. Nous vivons un moment fort
de l'histoire humaine, la communication n'a jamais été aussi facilitée
qu'aujourd'hui. C'est un changement majeur, au même titre que l'écriture,
l'imprimerie ou la presse. En réaction à cet étourdissant flot continu, je
doute que se laisser aller à la peur ou au repli sur soi ne vous mène quelque
part, et ne NOUS mène quelque part. Comme à chaque nouvelle épreuve, il
convient d'essayer de regarder l'ensemble du tableau, froidement, avec du recul
et autant de discernement que possible. Non sans humour ou un certain décalage,
quand le coeur nous en dit.
Alors, que se passe-t-il actuellement ? Quel est la nature de ce grand
changement de civilisation, puisque c'est de cela qu'il s'agit ? C'est là
que je risque de vous décevoir : je ne suis pas certain de pouvoir vous le
dire. C'est pas que j'veux pas, hein. Mais on ne peut pas tout enseigner.
Faites le chemin vous-mêmes. D'ailleurs, vous n'arriverez peut-être pas aux
mêmes conclusions que moi. Et alors, on pourra discuter, et peut-être que l'un
de nous évoluera dans sa représentation et sa compréhension du monde. Ou bien
nous deux. Ce qui est certain, c'est qu'on ne risque qu'une chose en se
parlant : s'aider à grandir mutuellement.
Je parle avec beaucoup de gens, chacun(e) ayant son histoire et son
expérience. J'aime cet échange, j'aime percevoir à quel point ma vision n'est
qu'une parmi tant d'autres. Une richesse qui se partage sans se diviser. Il
ressort que beaucoup parmi nous s'informent en fait très peu, ou très mal. Des
informations leur parviennent, notamment par leurs proches ou, hélas, par des
canaux très centralisés et idéologiquement orientés, mais ils ne font pas la
démarche d'aller eux-mêmes chercher les renseignements qui pourtant les
aideraient à mieux comprendre le monde. Cette ignorance volontaire me met
souvent hors de moi. Mais je ne peux raisonnablement pas blâmer ces gens. Il
est peut-être nécessaire de se faire une sorte de bulle protectrice autour de
soi, dans l'intimité du foyer, dans lequel la politique, les guerres et l'écho
du malheur du monde ne pénètrent pas, pour ne pas subir cette violence. Pour ne
pas devenir fou. Pour vivre, simplement.
Pour ceux qui aiment s'informer se pose donc le problème de la saturation.
Regardez le monde, attentivement et comme le ferait un enfant, avec ce que vous
pouvez de "juste discernement". Arrivera forcément le moment où l'insupportable
et terrible vertige vous frappe. La société humaine est le théâtre de la bêtise
la plus lamentable, de la cupidité et l'individualisme les plus vils. La
barbarie la plus sanglante. Regardez cela aussi. Oui, ce que l'homme fait de
pire, à force de le regarder, peut vous entraîner dans un tourbillon
dévastateur. La Colère, la vraie, celle qui conduit aux actes les plus fous,
vous saisit. Et le désespoir arrivera ensuite, une fois la tension retombée.
"Ça ne changera jamais". Si l'on y survit, il ne reste plus que la résignation,
sentiment partagé par hélas beaucoup parmi nous. N'y a-t-il pas une autre voie
que la passivité égoïste, dont se repaissent les "puissants" - des connards
comme vous et moi - bien contents de décider à votre place de ce que doit être
le monde ? Aujourd'hui, nous arrivons au moment où il va falloir passer à
la caisse. Et l'addition est salée. "Aussi néfaste que le bruit de bottes est
le silence des pantoufles."
"Mais qu'est-ce qu'on peut faire tout seul ?" entends-je si souvent. Et bien
justement : vous informer, bougre d'âne ! Regarder le caca humain
c'est bien. C'est dur mais c'est bien. Il ne faut toutefois pas s'empêcher de
regarder aussi le miel que nous savons faire. Ce que l'homme fait de beau, ce
qui l'améliore au fil des siècles, malgré les difficultés et l'inertie. Et vous
n'êtes pas seul, avez-vous remarqué ? Vous devriez soigner vos relations
avec votre famille, vos amis, et aussi vos voisins. Lorsque les choses
deviennent sérieuses, ceux-ci pourront être vos pires ennemis comme vos
meilleurs alliés.
Entendez ce bête message. Bête et limpide : "Hauts les coeurs, fous que vous êtes ! Vous n'êtes pas seuls !"
lundi 9 janvier 2012
Ebauche de Constitution (très) provisoire
Par reydj le lundi 9 janvier 2012, 23:59
Assemblée Populaire
Règle N°1 : Il est interdit de parler du Fight Club.
Règle N°2 : Il est INTERDIT de parler du Fight Club.
Règle N°3 : Les règles sont faites pour ceux qui ne savent pas
vivre en harmonie avec autrui. Si vous avez appris à le faire, bravo, vous
pouvez arrêter de lire.
Règle N°4 : Tout citoyen est libre de s'exprimer sur la place
publique.
Règle N°5 : Nulle limitation à la liberté d'expression ne peut
advenir sur la place publique.
5.01 : Empêcher les autres de dormir n'est JAMAIS une bonne idée.
5.1 : Nul ne sera inquiété pour les propos qu'il aura tenu.
5.2 : La liberté d'expression inclut la liberté d'insulter copieusement
autrui. !!! à manier avec précaution !!! L'insulte est un échec dans la
perspective d'une volonté commune d'échanger et de partager des idées dans un
esprit confraternel. C'est néanmoins un moindre mal tout à fait pertinent quand
on ne souhaite plus qu'une chose: taper sur le connard d'en face. De plus,
supporter une insulte, ça s’apprend.
Règle N°6 : Il est de bon ton de lever la main pour indiquer
que l'on souhaite s'exprimer. Si la parole ne vous revient pas naturellement,
un modérateur désigné par l'assemblée interviendra.
Règle N°7 : Locuteur
7.1 : Parlez de ce dont vous voulez. Comme ça vient. Si vous ressentez le
besoin de parler de quelque chose, c'est certainement une bonne chose que
d'autres l'entendent.
7.2 : La timidité, ça se surmonte. Tout comme les problèmes d'élocution,
bégaiements etc...
7.3 : Si vous racontez in extenso la crise de foie de votre chat ou autre
histoire relativement peu passionnante, ne soyez pas étonné de voir les autres
user de la règle 8.2.
Règle N°8 : Auditeur
8.1 : Il y a écouter et écouter. Cela aussi s'apprend.
8.2 : Il est de bon ton, lorsque le locuteur est relou, ou que son temps
de parole a déjà été conséquent, de le signifier en faisant un moulinet avec
ses deux avant-bras. Vas-y Cloclo, enchaîne.
8.3 : Les manifestations naturelles d'une foule se limitant souvent aux
rires, sifflets et applaudissements, certains signes sont utilisés en assemblée
afin d'élargir le panel de réactions possibles et d'améliorer la communication
de groupe. N'hésitez pas à demander - ces signes peuvent diverger d'une
assemblée à une autre - mais ne vous froissez pas les neurones : si vous
voyez un gars qui vous regarde de trois-quart avec la main ouverte derrière
l'oreille, il est possible qu'on vous signale simplement de parler plus
fort.
Règle N°9 : Modérateur
9.1 : Le modérateur est un con à tendance fascisante, c'est bien connu.
Mais comme il peut être utile et parfois nécessaire...
9.2 : Un modérateur récurrent devient un leader. A ses risques et périls,
car une tête peut être tranchée. Et ça ne repousse pas.
9.3 : Le modérateur est souvent le détenteur du Pouvoir Sacré de la Voix
du Fond des Ages (autrement appelé mégaphone) mais pas forcément.
Règle N°10 : On peut faire des choses très sérieuses avec
légèreté. Faire des choses légères avec sérieux n'a que peu d'intérêt. Faire
des choses sérieuses avec sérieux, c’est pour les réfractaires à la règle
N°1000.
Règle N°34 : Si ça existe, il en existe une version
pornographique. Pas d'exception.
Règle N°100 : Si la référence à Fight Club ou à la règle 34
vous échappe, pas d'inquiétude. Personne ne sait tout. Demandez à
quelqu'un : il saura peut-être.
Règle N°101 : Tout s'apprend. Oui, certaines choses demandent
plus de temps.
Règle N°1000 : D'une façon générale, ne vous la pétez pas
trop : vous êtes ignorant et stupide. Toute personne intelligente sait
cela. Vous ne savez pas quelque chose ? Demandez à plusieurs personnes.
Vous serez toujours ignorant d'une infinité de choses, mais vous saurez quand
même un truc en plus.
Règle N°VraimentBeaucoup : Le triangle de Sierpinski c'est
pour faire joli. Une assemblée n’est pas une secte. Les sectes c’est pour les
fainéants qui veulent la vérité révélée. La vérité est une affaire personnelle,
j’ai la mienne, vous avez la vôtre. Démerdez-vous avec ça. Fichez-moi la paix.
Et puis s'intéresser aux fractales ne fait de mal à personne.
Règle N°0 : Chuck Norris a lu toutes ces règles. Et il s'en
fiche royalement.
Histoire d'ânes...
Par reydj le lundi 9 janvier 2012, 01:01
(Source ?)
Un homme portant cravate se présenta un jour dans un village. Monté sur une
caisse, il cria à qui voulait l’entendre qu’il achèterait cash 100 euros
l’unité tous les ânes qu’on lui proposerait. Les paysans le trouvaient bien un
peu étrange mais son prix était très intéressant et ceux qui topaient avec lui
repartaient le portefeuille rebondi, la mine réjouie. Il revint le lendemain et
offrit cette fois 150 € par tête, et là encore une grande partie des habitants
lui vendirent leurs bêtes. Les jours suivants, il offrit 300 € et ceux qui ne
l’avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes existants. Constatant
qu’il n’en restait plus un seul, il fit savoir qu’il reviendrait les acheter
500 € dans huit jours et il quitta le village.
Le lendemain, il confia à son associé le troupeau qu’il venait d’acheter et
l’envoya dans ce même village avec ordre de revendre les bêtes 400 € l’unité.
Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 € dès la semaine suivante,
tous les villageois rachetèrent leur âne quatre fois le prix qu’ils l’avaient
vendu et pour ce faire, tous empruntèrent. Comme il fallait s’y attendre, les
deux hommes d’affaire s’en allèrent prendre des vacances méritées dans un
paradis fiscal et tous les villageois se retrouvèrent avec des ânes sans
valeur, endettés jusqu’au cou, ruinés.
Les malheureux tentèrent vainement de les revendre pour rembourser leur
emprunt. Le cours de l’âne s’effondra. Les animaux furent saisis puis loués à
leurs précédents propriétaires par le banquier. Celui-ci pourtant s’en alla
pleurer auprès du maire en expliquant que s’il ne rentrait pas dans ses fonds,
il serait ruiné lui aussi et devrait exiger le remboursement immédiat de tous
les prêts accordés à la commune. Pour éviter ce désastre, le Maire, au lieu de
donner de l’argent aux habitants du village pour qu’ils paient leurs dettes, le
donna au banquier, ami intime et premier adjoint, soit dit en passant. Or
celui-ci, après avoir rétabli sa trésorerie, ne fit pas pour autant un trait
sur les dettes des villageois ni sur celles de la commune et tous se trouvèrent
proches du surendettement. Voyant sa note en passe d’être dégradée et pris à la
gorge par les taux d’intérêts, la commune demanda l’aide des communes voisines,
mais ces dernières lui répondirent qu’elles ne pouvaient en aucun cas l’aider
car elles avaient connu les mêmes infortunes. Sur les conseils avisés et
désintéressés du banquier, toutes décidèrent de réduire leurs dépenses: moins
d’argent pour les écoles, pour les programmes sociaux, la voirie, la police
municipale... On repoussa l’âge de départ à la retraite, on supprima des postes
d’employés communaux, on baissa les salaires et parallèlement on augmenta les
impôts. C’était, disait-on, inévitable mais on promit de moraliser ce
scandaleux commerce des ânes.
Cette bien triste histoire prend tout son sel, quand on sait que le banquier
et les deux escrocs sont frères et vivent ensemble sur une île des Bermudes,
achetée à la sueur de leur front. On les appelle les frères Marchés.
Très généreusement, ils ont promis de subventionner la campagne électorale
des maires sortants.
Cette histoire n’est toutefois pas finie car on ignore ce que firent les villageois.
mardi 13 décembre 2011
Les Indignés et les anti-Indignés
Par reydj le mardi 13 décembre 2011, 16:39
"Ce mouvement a été critiqué très durement par beaucoup de monde toutes "tendances" confondues. Mouvements de "gauchos" pour certains (!), de bobos, nombrilistes, pas assez radicaux, pacifiques dogmatiques tendance bisounours niais, inexpérimentés, gentillets pour d'autres, et j'en passe..."
Marine
Aujourd'hui, j'ai lu que les indignés seraient des fanatiques (40% seraient d'après un sondage du New York Times des sympathisants d'Al-Qaeda, oui oui rendez-vous compte), des terroristes voulant "décapiter les riches"... Je ne sais pas si ce monsieur a bien retenu qu'il y a un peu plus de deux siècles, en effet, le peuple en a décapité quelques-uns, des riches. Et s'il a compris que, de nos jours, peu de gens réclament la mort de qui que ce soit... Une réponse s'impose.
Je ne doute pas des capacités d'inventions de l'Homme (l'homme et la femme). Y compris lorsque l'ingéniosité est utilisée pour trouver des noms d'oiseaux, des théories fumeuses-mais-tout-ce-que-je-dis-est-vrai-vous-voyez-bien-ma-ptite-dame, pour désigner, décrire et au final discréditer un groupe de personnes, quel qu'il soit, ici ceux que l'on nomme "indignés". Ceux que vous voudrez bien détester. Le pire est peut-être à venir en la matière... Certes la critique et la contradiction sont une bonne chose, nul ne pouvant prétendre détenir la suprême vérité. L'insulte est même, à mes yeux, le premier des droits. Il faut se renforcer mon jeune ami, plus vous parlerez, plus vous croiserez des regards de haine et devrez y faire face. Si l'insulte vous paraît si insupportable, peut-être devriez-vous soit apprendre à vous y faire, soit rester enfermé chez vous.
Mais je serai toujours surpris par la capacité qu'ont les idiots décomplexés de vouloir définir un groupe de personnes et de le qualifier dans son ensemble. "Les indignés sont ...". Bon, ok. Et les français sont quoi ? Les allemands sont comment ? Moi ça m'intéresse, vas-y, balance. Les arabes ? Les juifs ? Les... policiers ? Et les pédés, les plombiers, les chinois ? Et les plombiers pédés chinois ?
Les résistances à l'intelligence sont grandes, encore aujourd'hui. L'humanité avance lentement, mais elle avance. Bien souvent, la première question qui vient à l'esprit des gens est précisément celle-ci : qui êtes-vous ? Pour quel parti roulez-vous ? Y compris chez ceux que j'aime, et qui me sont proches, ma famille et mes amis. Je ne peux pas les blâmer. Alors, je fais mon Moi. Je te prie de croire qu'après quelques décennies de vie, on commence à devenir plutôt doué à ce jeu. Je réponds : "Me demandes-tu de parler au nom d'un groupe ? De te décrire son message, ses revendications, son mode d'action ? J'espère, le plus simplement du monde, parvenir à te faire voir cette évidence : je ne peux parler que pour moi, nom d'une pipe. Je ne suis le porte-parole de personne. En dernier lieu, tout ce que je peux dire, tout ce que dans ma folie je crois comprendre, n'est que l'expression de la représentation du monde qui se formule dans mon esprit. Mon paradigme. Synthèse de tout ce que j'ai vu, entendu, senti, goûté et touché pendant mon existence. Une vérité, parmi des milliards d'autres. T'imposes-tu ce même régime intellectuel ? C'est tout le mal que je te souhaite. Un paradigme, lorsqu'on ne s'accroche pas avec trop d'acharnement à celui qui constitue le présent, ça peut évoluer. C'est plutôt une bonne nouvelle, un jour ou l'autre, une belle lumière peut poindre."
Cette précision faite, rien ne m'empêche de vous parler de ce que, selon moi, les indignés disent et font. Les indignés sont des gens, qui se rassemblent sur la place publique et se parlent. Voyez un peu le genre de terroristes... Les indignés parlent aux indignés et aux non-indignés. Ils se comprennent plutôt bien entre eux, peuvent parfois se disputer. Les échanges avec les non-indignés sont plus difficiles, mais l'indigné est par nature optimiste, il veut croire qu'on peut se parler, même se disputer, sans se tuer. Oui oui, des bisounours mon bon Monsieur.
Les indignés sont des gens, dans l'ensemble plutôt capables d'accepter l'idée que leur représentation du monde est fausse. C'est pourquoi ils s'imposent un minimum de cohérence, prennent soin de déceler le moment où leur lucidité fait défaut, et sont toujours prêts à écouter un interlocuteur et les arguments de celui-ci. Ils estiment même en avoir besoin. Comment s'apercevoir de sa folie, si ce n'est dans le regard de l'autre ? C'est ainsi que, je crois, l'homme se construit et grandit. J'ai bien l'impression de ne pas être le seul fou qui pense cela.
A titre personnel, si je n'ai le temps de formuler qu'un seul message, j'aime inviter les gens que je croise à écouter. Ecouter mieux, écouter encore. Ecoutez les autres. Ecoutez-vous ! Le seul danger qui nous guette, c'est qu'à la fin, on finisse par s'entendre.
Non vraiment mon grand, tu préfères qu'on se parle ou qu'on s'entretue ? Décide-toi, je ne frapperai pas le premier. Mais prends garde, je pourrais riposter.
lundi 12 décembre 2011
Et si je meurs...
Par reydj le lundi 12 décembre 2011, 19:20
Et si je meurs dans 50 ans, je me demanderai jusqu'au bout comment ai-je fait pour passer entre les balles, dans un monde si violent et incertain, alors que la plupart des gens sont tout à fait pacifiques. Combien de personnes avec moi auront eu la chance de vivre longtemps, et de constater les effets de leurs actions passées ? Et parmi ces gens, combien d'après toi l'auront mérité, en supposant que ce soit une récompense ? Que faire des gens lamentablement déméritants, nuisibles à la liberté du plus grand nombre, si l'on s'interdit de tuer ? Et qui doit, ou ne doit pas, disposer de ce pouvoir ?
Et si je meurs dans 10 ans, je n'aurai pas le loisir de voir grandir mes enfants, tes enfants, mes neveux, ceux qui me succèdent. On leur donne quoi, aux enfants ? Quelle genre de chose pourrais-je vouloir leur transmettre ? Le meilleur de moi-même, sans aucun doute, cependant je m'empêche de cacher ce que j'ai de pire, de noir et de crasseux. Peut-être apprendront-ils à faire de même, à éviter les pièges que constituent la dévalorisation et la suffisance, l'angoisse comme préambule au reflet dans le miroir. A s'approcher de l'honnêteté vers laquelle on ne peut que tendre. Pour savoir regarder le Monde, cela m'apparaît comme un bon début.
Et si je meurs très rapidement, qu'aimerais-je t'avoir déjà dit ? Peut-être, simplement, que tu n'as aucune bonne raison d'avoir peur. Regarde-moi.
mercredi 30 novembre 2011
Liens pour grandir un peu (faire passer à Sarkozy ?)
Par reydj le mercredi 30 novembre 2011, 14:26
Arrêts sur images
Acrimed
Ce que tous nous voulons (ou pas) :
http://www.le-message.org
Mémoire mondiale du pire et du meilleur de l'humanité :
Je ris, et je pleure à la fois, de cet homme, croisé ce matin, que j'interpelle avec ma pancarte, lui rappelant qu'il est honteusement ignorant. Et qui me répond "c'est lamentable ce que vous faites, tant de suffisance envers ceux qui ont une opinion". C'est là que l'on distingue avec amusement les gens se regardant dans le miroir, et les autres. Oui, moi aussi j'ai une opinion : je trouve que tu es lamentablement ignorant. A part me cracher dessus ou me faire taire, tu voudrais pas brancher deux neurones supplémentaires, et VOIR, nom d'une pipe de Magritte ? Ai-je le droit de m'exprimer, quand mes propos te déplaisent ? Au lieu de te braquer, et de fermer la discussion, pourrait-on, s'il te plait, se parler et de ce fait, grandir ensemble ? Tu penses ne rien avoir à gagner en m'écoutant, et c'est moi le gars suffisant ! Ai-je réussi à te faire voir un truc cocasse ? Je ne suis pas suffisant, je suis ignorant moi aussi. Mais contrairement à toi, je me soigne.
Sur quoi peut-on s'entendre ?
Par reydj le mercredi 30 novembre 2011, 09:54 - Tract
Les gens vivent, ont des relations avec d'autres gens, et meurent. Vient alors forcément la vision du miroir, où l'on voit pour la première fois le reflet de cet autre. Alors, que vois-tu lorsque tu me regardes ? Qui je suis ? Est-ce là la seule question qui te vienne à l'esprit ? Moi, je suis comme toi. Je vis un peu avant de mourir.
(J'espère que tu ne lis pas trop vite. Moi, ce qui me plait, c'est de remonter vers la source. Alors se pose la question du pouvoir que l'on partage. La capacité, par notre libre-arbitre, et la voix de notre Maître (hou ça fait peur hein ?), d'irradier le monde chaotique* de la lueur d'un geste, d'un mot, d'un soupir. C'est là le pouvoir des vivants. Le pouvoir des morts est tout aussi infini, bien qu'il découle de... maintenant.
Qui je suis ? Mais je ne suis personne voyons. Il n'y a que les fous pour ne pas le voir. Mais je ne souhaite pas parler de ça en premier.)
Qu'est-ce que l'on peut dire en étant à peu près certains de se comprendre tous les deux ?
Boire.
Manger.
Pisser et faire caca.
Dormir au chaud et au calme.
Avoir des relations.
Je n'arrive pas à soustraire l'une de ces 5 conditions. Quelles sont les conditions nécessaires - et donc à rechercher en premier lieu - à l'épanouissement qui succède à la survie ? Voilà. Peut-on s'entendre là-dessus ? Si tu souhaites le discuter, sache que j'adorerais ça. J'aimerai toujours discuter, tant que je garde mon appareil phonatoire. Et alors, j'aimerai toujours écrire sur un clavier, tant que je garde mes mains. Avec les pieds, ça demanderait vraiment beaucoup d'entrainement. (Il faudrait un chouette smiley à cet endroit-là). Mais même de cette façon, j'imagine toujours un moyen d'arriver à des résultats insoupçonnés. Optimisme déraisonnable ? Ou capacité à garder l'esprit libre et débridé ? Et lorsque je serai mort, alors on ne discutera plus. Ça ne m'empêchera pas de te parler pour autant.
Si l'on est d'accord sur ces prémisses, ces cinq besoins élémentaires, n'est-il pas en notre pouvoir de nous occuper de nous-mêmes ? Oui, tout seul, c'est plus difficile. C'est aussi là l'intérêt de ne pas être seul. On peut mutualiser les efforts. De toute façon, cela fait belle lurette qu'on ne va plus à la source pour boire, et que l'on ne chasse ni ne cueille. Certains parmi nous, la plupart spontanément enclins à garder une approche naturelle face au monde, savent pourtant faire fructifier la Terre et ses ressources. Ils chassent, cueillent, pêchent, récoltent, élèvent. Et aucune société ne peut se passer d'eux. Comment pouvons-nous à ce point insulter nos paysans, maîtres de notre survie à très court terme ? D'autres cuisineront, vignifieront, et cette valeur ajoutée aura aussi une valeur infinie. Tu veux vraiment continuer à attribuer une valeur monétaire systématiquement à toute chose ? Bon alors, ce que je te dis, ça vaut combien ?
Je ne sais pas si tu as décroché avant que j'en arrive là, mais comprends bien qu'à mes yeux, j'ai établi le lien d'équivalence entre "ce sur quoi l'on peut s'entendre" et "réinventer la notion d'argent". Il faudrait vraiment se renseigner sur ce qu'est l'argent, aujourd'hui. Le définir clairement auprès du plus grand nombre. Alors on pourra commencer à bien discuter.
Moi, je ne sais pas si j'explorerai cette voie-là de fond en comble. Ce
n'est pas mon domaine de prédilection, puisque je n'en ai aucun. J'ai quand
même eu le temps d'apprendre ceci : parler d'argent c'est parler de la
richesse et de son partage. Tu peux comprendre que je veuille te
parler ?
Bien, comment nous organisons-nous ?
dimanche 27 novembre 2011
La saison des tempêtes est arrivée
Par reydj le dimanche 27 novembre 2011, 23:05 - Tract
Que comprends-tu du monde dans lequel on vit ? Comme beaucoup, tu t'informes probablement par la radio et la télévision. Par les temps qui courent, c'est nettement insuffisant. Une information centralisée, se répandant de "haut en bas", fortement dépendante du Ça d'un groupe restreint de personnes - éditorialistes, annonceurs publicitaires, propriétaires aux intérêts financiers et militaires - ne reflète que les craintes, fantasmes et opinions dudit groupe, bien loin d'un traitement "objectif", bien loin de la vérité, en supposant qu'une telle chose existe. Moi, j'ai la chance d'avoir du temps, une tête et une connexion internet, alors permets-moi d'essayer de te secouer un peu, peut-être pour dire des bêtises, on peut toujours - et l'on doit - discuter, mais je me dois de partager mon analyse.
Il y a un écart abyssal entre la réalité et la réalité perçue. Bien des choses sont "communément" admises, et sont pourtant fausses. La "crise" que nous vivons n'est pas le fruit du hasard, pas plus qu'elle ne découle d'un excès de solidarité ou d'une immigration délirante. Elle a ses causes, structurelles, bizarrement les mêmes depuis les tulipes hollandaises. S'il est un levier capable d'éviter à l'avenir de tels drames, celui-ci est politique. Comment organisons-nous la Cité ? C'est là que le bât blesse. Nous ne faisons que payer l'incompétence des dirigeants en place depuis 40 ans, ainsi que leur soumission à la "main invisible" du marché. Marché qui ne se soucie en aucune manière des considérations humaines.
Et en boucle, sur les ondes, les mêmes mensonges, les mêmes sophismes, les mêmes simulacres de débat. A désespérer du politique, et de la nature humaine. Je crois bien qu'on vaut mieux que ça. Ce n'est qu'un spectacle après tout, destiné à faire acheter, à faire peur, et surtout, à faire réélire l'un des deux partis dominants, pour que rien ne change. Pour que les gens ayant acquis ne perdent pas leurs biens. Fabriquer du consentement généralisé est théorisé depuis près d'un siècle, une recherche internet sur Edward Bernays ou Noam Chomsky finira peut-être de te convaincre. S'il te vient à l'esprit l'idée que "c'est bien joli, mais qu'est-ce qu'on peut faire d'autre ?", sache que cette idée ne vient que de ta peur, et qu'elle t'a été inspirée. Le monde capitaliste occidental prétendument démocratique ne tient que lorsque ses agents sont persuadés qu'il n'y a pas d'alternative. "Il n'y a pas d'alternative", répétez en boucle... Bah si mon coco, il suffit juste de regarder un peu mieux. Ce n'est pourtant pas si difficile. Sache qu'en restant passif, tu défends malgré toi un système qui t'insulte et bafoue tes droits. Réveille-toi !
Alors, que penser de cette manipulation à grande échelle, à part qu'elle a fichtrement bien fonctionné ? Alors que la porte est ouverte à toutes les théories du complot, à la désignation d'un Ennemi qu'il te plaira de détester, je crois bien qu'il faut revenir à la source, et se détendre un peu. Sur quoi peut-on s'entendre ?
A l'Ennemi éventuel, réfractaire à tout bon sens logique, j'aimerais dire ceci : aucun monde où manger coûte de plus en plus cher n'est viable dans un temps donné. Peut-être pouvons-nous nous accorder là-dessus ? Au citoyen que je croise, j'ai envie de dire : on n'est pas obligé, à notre échelle, de nous fâcher. Ce n'est qu'un choix. En cette période troublée, on devrait se contenter d'échanger simplement, cordialement. On est relativement civilisé, on ne réinstallera pas de guillotines pour se débarasser d'un nuisible identifié. Mais ça n'empêchera pas le peuple de "trancher des têtes", intelligemment. Bref, plus que jamais, nous devons continuer à nous informer et à discuter. Dans l'intérêt de tous.
Non, je ne te dirai pas pour qui je compte voter. Je n'attends pas de toi que tu me croies sur parole, je peux me tromper figure-toi. Je souhaite que tu t'émancipes. Regarde mieux, nom d'une pipe !
jeudi 6 octobre 2011
Premier billet (bis)
Par reydj le jeudi 6 octobre 2011, 02:31
Un ultimatum ! Oui c'est pas mal ça. Avoir une copie à rendre, ça évite de remettre au lendemain. Tant qu'on est pas mort, il y a toujours un lendemain, du coup, on ne fait rien. Ou on fait du Rien. Pendant 1 an, oui oui. C'est drôle de se relire après tout ce temps, le coup du petit suiss-ide, tellement drôle. Je ne me suis pas petitsuicidé, la police est arrivée trop tôt. Du coup je suis encore là, avec ma bonne humeur lorsque je parle, mon désespoir quand je suis seul. Alors on va se mettre d'accord : au moins un billet tous les mercredis soirs*. Même pour ne rien dire, ce sera toujours mieux que de ne rien faire.
Mine de rien, j'en ai fait des choses, en un an. Bon, mes écrits ont peu avancé, ok. Mais j'ai vécu, ri et pas pleuré. Peut-être pas assez pleuré en fait. Oh je n'ai pas honte quand ça arrive, mais il doit y avoir une sorte de résistance étrange, de volonté de rester "digne", qui s'oppose à l'expression du trop-plein. Le monde est bien laid, pour qui le regarde et le rêve en plus beau. Ce sentiment mériterait d'être expulsé de temps à autre, il va vraiment falloir que je trouve un moyen de m'exprimer plus ouvertement. Ceci alors même que, je le vois bien, mon mode d'expression oral est déjà à la limite de la bienséance. Régis il est pas mûr, pensez-donc, il ne sait pas cacher ses sentiments. "Il dit des choses qu'il devrait pas". Ben oui, faudrait savoir, je m'exprime ou je ne m'exprime pas. Sur ce blog, au moins, nulle contrainte, et ça fait du bien. Certes, je ne sais pas encore écrire grand chose de tonitruant, de scandaleux ou d'inconfortable. Mon style est même assez lamentable. Mais, je n'en doute pas, ça viendra. Je devrais commencer par apprendre la patience tiens, ça me fera la bite.
Trop-plein et sentiment de vide. C'est bien de la lassitude et de la vacuité qui ont rempli tous ces jours d'ennui et de recherche. Je n'en suis pas à ma première, ou dernière contradiction. Par moments j'ai des milliers de pages en tête, avec un schéma relativement précis, que je projette de mettre à plat. Et quand je m'y attelle... Encore et toujours ce vide. Bon, je voudrais pas avoir l'air de me plaindre. Ça fait un moment que je m'intéresse au Vide. Sciemment. Mon intuition me demande de chercher dans cette voie, là où, précisément, c'est le plus inconfortable. Si il y a encore des choses, littéraires, philosophiques et simplement intellectuelles, à explorer, il n'est pas idiot d'aller là où précisément on ne peut aller. Là où c'est trop dur. Oui, masochiste, un peu. C'est quoi, le Vide ? Après tout, ne vient-on pas de là ? De la même façon que de l'Ennui naît éventuellement l'exploration, le rêve et la créativité, j'ai bien l'intention de faire naître un texte d'une page blanche. L'acte divin de création. Si en lisant ceci tu as tendance à penser que je pourrais souffrir d'un trouble ou psychose démiurgique, plutôt que d'essayer de te contredire, je te dirai ceci : ben oui, on en est tous là, écrivain ou non. On est là, sans même l'avoir demandé. Et l'on crée, comme le supposé Dieu. Car c'est ce que l'on est, c'est là la signification de Dieu : la tentative désespérée de l'homme pour remplir le vide issu de son incompréhension, pour expliquer ce qu'il est intrinsèquement. Dieu est le nom donné par l'Homme à lui-même. Ce qui ne confirme ou n'infirme en rien l'existence de Dieu.
Ça y est, c'est parti. On peut en faire des choses, avec du vide...
* C'est drôle, et parfois cruel, de se relire :)
dimanche 7 novembre 2010
Point de non-retour
Par reydj le dimanche 7 novembre 2010, 23:07
On y est ! La coupe est pleine. Tout doit se terminer, même la procrastination. Et j'ai bien peur que l'on soit arrivé au terme de la logique d'attente. Devrais-je être soulagé ? Je ressens, comme à chaque fois que je prévois de faire plusieurs choses et que l'énergie me manque, une profonde lassitude. Un peu de découragement aussi, et néanmoins une certaine hâte de voir la suite des événements. J'arrête de fumer, car j'écris. J'arrête l'analyse, car j'écris. Ne me demandez pas quel est mon travail : j'écris ! Je ne suis pas sûr de ne pas perdre la boule dans un avenir proche, peut-être Dr Freud me servait-il de garde-fou ? Mais je ne suis pas tout à fait seul, et mes amis sont pleins de qualité. J'écris car il le faut, et j'en ai besoin. J'écris dans l'espoir d'être lu et, si je me laisse aller à une certaine déraison mégalomaniaque, dans l'espoir de jouer un rôle dans la Grande Marche du Monde. A noter que la précaution précédente est purement ironique, peut-être ne vous en êtes-vous pas rendu compte, mais nous jouons tous un rôle dans l'Histoire. Certes modeste, mais pas négligeable pour autant, qui que nous soyons. Pas de mégalomanie ici, juste l'aptitude à accepter l'évidence. Et c'est là mon souhait le plus cher, si je peux divertir en même temps ce sera tant mieux : apporter des lunettes à mes amis aider mes amis à se fabriquer des lunettes. Ils sont très nombreux, alors laissez-moi un peu de temps.
mercredi 6 octobre 2010
Premier billet
Par reydj le mercredi 6 octobre 2010, 18:19
Hier encore, je ne me suis pas petit suicidé. Je suis définitivement trop
fort, j'arrive sans efforts à repousser les limites jour après jour. C'est beau
la procrastination ! Aujourd'hui je vais chercher un boulot, aujourd'hui
j'arrête de fumer... Et ça dure des années ! C'est pas faute d'y mettre de la
bonne volonté, quand quelque chose déconne il est légitime d'en chercher une
solution. Alors j'ai gentiment parcouru plusieurs pas vers l'entrée de la
caverne platonicienne. J'ai même regardé Matrix attentivement, je sais
pertinemment que la cuillère n'existe pas. Mais ça ne doit pas être la bonne
méthode, car chaque jour ressemble toujours à s'y méprendre au précédent.
Je vois comment tous les esclaves (pas d'offense) qui m'entourent s'enferment
dans leur monde de certitudes, je perçois les mécanismes inconscients qui les
régissent (oui bonjour), mais il faut se rendre à l'évidence : je suis tout
aussi aveugle que les autres. Zut, moi qui voulais me prendre pour un dieu, ou
pour le moins un petit bouddha, juste un peu plus éveillé... ben c'est raté mon
lapin. "Vous semblez croire que vous n'y êtes pour rien dans cette histoire."
Vous avez raison Dr Freud, même que je passe mon temps à le répéter à mes amis.
Mais moi, c'est pas pareil, vous comprenez. Moi je suis à la fois l'observateur
et le sujet d'étude, tel Heisenberg avec ses particules je ne peux déterminer
mon état sans l'avoir au préalable influencé par la seule tentative de le
déterminer... Alors on fait quoi, Docteur ?
Bon, après tout c'est pas si grave. Comme on dit souvent : "Au pire, on meurt".
Et puis on est jamais à l'abri d'un changement. La preuve ? Aujourd'hui je
commence un blog. Vaguement anarchiste, forcément narcissique, mais
potentiellement éternel ! Et ça, ça vous en bouche un coin. Suis trop fort vous
dis-je.
