J-1 avant l’an 1 : La Grande Connexion

Divisés par zéro

Divisés par zéro

Comment ça ? Tu n’apportes aucun crédit à la prophétie des mayas ? Mais je n’y peux rien, moi, si tu es stupide et que tu ne comprends rien. D’accord, il est probable que ta vie ne s’en trouve pas radicalement modifiée ce jour-là. Mais le contraire est possible également ! Tu ne devrais pas douter que beaucoup de choses vont se passer le 21 décembre prochain. Tout d’abord parce que des événements faisant basculer des vies arrivent tous les jours. Parfois le temps d’un battement de cil. Ensuite, et surtout, car le propre des prophéties est de se réaliser. De nombreuses personnes connaissent cette date, et ne manqueront pas de l’attendre pour révéler au monde le fruit d’un travail fastidieux.

Certains se préparent à une singularité. Comprendre par singularité « événement de l’histoire qui indique la fin d’une ère et le début d’une autre ». Plus rien ne sera comme avant. Certains parmi eux s’imaginent, les fous, que l’on va accéder à l’Immortalité ! Oui, ils sont fous, ils n’ont pas compris que nous sommes déjà invincibles.

La singularité sera sûrement l’instant de la Grande Connexion. Quelle est sa nature ? Est-ce que ça passe par des mots ? Qu’est-ce qui est et doit être échangé en premier ?

Je pense, ou peut-être je souhaite, que la Grande Connexion fasse du bien à beaucoup de gens. Nous vivons dans les utopies de nos ancêtres, à notre tour de léguer ce que nous avons de meilleur. Je devrais appeler mon premier essai « tl;dr » tiens, pour le Lulz.

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Partagez vos écrits secrets
Vos meilleures blagues et créations
Comme vos pires cauchemars
Votre folie et votre sagesse
Le tri se fera tout seul
Sera retenu ce qui doit être retenu
Dans le Grand Lulz Eternel

Préparez-vous

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#2 : Parce qu’il faut bien vivre un peu

Saint-Brieuc, le 2 juillet 2012.

Blog en léthargie. Parenthèse amoureuse. Qui n’est pas qu’une parenthèse, d’ailleurs. Une aventure, une histoire partagée, un nouveau mode de vie, un présent issu de deux et non plus d’un seul fou. La folle perspective d’un pouvoir encore plus grand, d’un épanouissement presque honteux au milieu du tumulte. L’effrayant constat des nouvelles difficultés à surmonter, et la satisfaction de faire de grands pas en avant sur la route du destin. Bon sang, l’amour me rend dramatiquement lyrique.

Dans le Monde, le tumulte est grand. Le giga-merdier s’avance toujours un peu plus. Il n’épargnera personne. Ce sont des guerres, des innocents mourant prématurément, des vies détruites pour des raisons absurdes, au premier rang desquelles l’indifférence du plus grand nombre. C’est le viol systématique des enfants de chacun, les vôtres y compris. La souillure faite sur la vie des non-encore-nés, le vol de leurs ressources et des conditions de leur survie-même. Une grave hypothèque sur l’environnement naturel des générations futures. C’est aussi cela, la grande crise écologique et morale de notre temps.

Saint-Brieuc, le 18 août 2012

Et au milieu de tout ça, on aurait le droit de s’aimer ? De se « régaler », de jouir de la vie ? Il serait permis d’être léger, joyeux, de profiter du soleil et du miel tant qu’il y en a ? Pardonne-moi mon amour, mais il m’arrive par moments d’avoir bien du mal avec la légèreté. Par moments seulement, ensuite le présent reprend ses droits et peut se trouver coloré en pastel. Je suis désolé, je doute que ces moments sombres disparaissent totalement. Une sorte de Fardeau du philosophe. J’ai déjà choisi, j’ai pris la pilule rouge.

Je ne pourrai faire comme si je n’avais rien vu de la misère et des injustices. Cannot unsee. Je dois faire avec, et être à jamais un peu plus malheureux que la moyenne. Si la posture romantique de l’incompris qui porte la misère du monde sur son dos peut paraître facile et confortable, il semble que je ne puisse plus faire autrement, désormais.

Voilà encore un délicat entre-deux à négocier. De la mesure en toute chose, que j’aime à dire. C’est parfois un sacré merdier, mais on peut toujours s’améliorer. Je ne souhaite pas m’enfermer dans une posture de malheureux isolé, car je l’ai bien compris, je suis loin d’être seul. Nous sommes légion. A l’opposé, je ne souhaite pas non plus abandonner le froid regard de Sirius au profit d’un présent plus apaisé, joyeux et volontairement détaché du reste du monde. Je mourrais de honte en me regardant dans la glace.

Nous vivons des temps d’importants chambardements, et je pense qu’il faudra avoir apprivoisé la gestion de ce grand écart émotionnel à certains moments-clés quand, éventuellement, ça déconnera vraiment. Vivre l’amour et le partage de bonheurs simples avec nos proches. Vivre également éveillé, recevant les unes après les autres les sombres nouvelles du monde, et écouter les voix des malheureux. A défaut de tout régler, je dois prendre ma part.

Alors, être deux ou ne pas être deux ? Telle est la very fucking good question mon Amour ! J’ai fait un autre deuil, récemment : la perspective de répondre seul à cette question :)

#1 : Au lendemain du second tour

Saint-Brieuc, le 8 mai 2012.

Chroniques, épisode 1. Un blog ça sert aussi à faire des billets d’humeur après tout.

Un nouveau Président, et toujours autant de bêtise disponible. Les réseaux sociaux sont en émoi. Des gens de droite pleurent leur héros (qui devrait finir en prison, si la justice fait son travail), s’inquiètent pour leurs impôts et s’imaginent déjà en 2017 voter pour Jean-François Copé. D’autres voteront encore pour Marine, parce que c’est elle qui défend le mieux la France. Idée bien commode quand on ne sait rien du reste du monde.

Des gens de gauche jubilent, s’imaginent (les fous) que ça va arranger quelque chose au grand merdier actuel ou qu’au moins ce ne sera pas pire… Si je les rejoins sur le fait que se débarrasser de l’autre est une bonne chose, je doute que le nouveau soit fait d’un métal si différent. Ok, attendons pour juger. Mais celui qui recherche le pouvoir devrait avant tout paraître louche, c’est en tout cas un de plus qui n’a pas compris que seul on est idiot, que seul avec un grand pouvoir on est dangereux pour les autres.

Le pire dans tout ça, c’est que la finance mondiale va imploser d’ici peu, et qu’il s’en trouvera pour désigner le nouveau Président comme responsable. Un peu comme s’offusquer d’un gars qui violerait une nana sans voir qu’il a influencé au préalable des millions de vies par ses néfastes actions. Oui, je parle de DSK et du FMI. Criminel avant d’être désigné comme tel. Et en liberté, car la justice n’est pas la même pour tout le monde, décidément. Justice sélective, comme le regard que l’on porte sur le monde et qui semble se limiter à ce qui nous touche de près. Valable pour moi également, ça va sans dire.

Le grand choc s’avance, et je vous le dit : prenez garde à vos fesses ! Partout en Europe l’on voit monter les extrêmes, ce qui n’est en rien surprenant puisque le merdier est aussi celui des partis dits « de gouvernement », supposés modérés, qui ont mené les pays d’Europe dans cette impasse et cette folie libérale. Au bout d’un moment, il faut bien rendre des comptes. Dehors les incapables ! Cependant il va falloir faire attention à la suite des événements, car dans les moments tendus de l’Histoire la haine de l’autre est une voie facile, et il n’y a rien de plus détestable qu’un facho pour un coco, et vice-versa. On n’en est pas à la guerre civile, mais les esprits se tendent déjà, et si l’on rajoute à cela un événement comme 1929 je vous laisse deviner les dérives sociales possibles qu’il va falloir éviter.

Je doute que les extrêmes soient capables de faire mieux que les partis dominants. Certes, le communisme ne mène pas nécessairement au Goulag (ça va en défriser plus d’un), et l’inspiration initiale de Marx et Engels reste encore aujourd’hui dramatiquement d’actualité. Je suis plus mitigé sur les conséquences inévitables du fascisme, qui ne tient que par la désignation du bouc émissaire, attisant la haine collective et finissant sur on-sait-quoi.

Mais il n’y a pas à attendre de miracles des vieilles recettes, de tel ou tel courant de pensée. La solution collective est d’abord individuelle, je ne me lasserai pas de le dire. Ça commence par un recul, une prise de conscience, un changement de perceptions. Ne comptez pas sur un sauveur, il ne viendra pas. Soyez informés, réactifs, alertes. L’Histoire ne sert pas à s’aveugler encore plus, bien qu’il faille en savoir le plus possible pour affiner sa vision du présent. Il faut chercher à améliorer ses connaissances ainsi que ses réactions spontanées, à tout désapprendre pour mieux réapprendre, comme si l’on vivait éternellement. En sachant que l’on peut mourir dans l’heure.

Faudra vraiment que je trouve le moyen de m’exprimer avec plus d’humour dans mes billets, j’ai bien peur de n’être qu’anxiogène au bout du compte. Sacré merdier. Vous ai-je raconté comme la vie était absurde ? Non ? Une autre fois alors, peut-être.